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ÉCHO, nymphe, fille de l’Air et de la Terre Écho, fille de la Terre et de l’Air, d’après Ovide, faisait partie de la suite de Junon, qu’elle divertissait par son bavardage, tandis que Jupiter courtisait les nymphes de son altière épouse. Mais celle-ci, ayant découvert la ruse, voulut punir Écho de l’aide qu’elle avait ainsi prêtée à Jupiter ; à cet effet, elle la priva en partie de l’usage de la parole et la condamna à ne plus pouvoir répéter que la dernière syllabe des mots qui frapperaient son oreille. [...] La pauvre Écho se retira non loin d’Athènes, sur les rives du Céphise, au pied du mont Pentélique, et c’est là qu’elle devint si éperdument éprise de Narcisse, qu’elle le suivait partout, à la chasse, au milieu des bois, au fond des antres obscurs, au bord des claires fontaines, reproduisant dans les lieux solitaires la voix de ce jeune prince, afin de l’y attirer lui-même. Mais il dédaigna son amour, et elle, confuse et désolée, se retira dans la plus grande profondeur des forêts et s’en alla pleurer et cacher sa douleur dans les cavernes les plus reculées. Depuis lors, l’infortunée dépérit de jour en jour et ne se montra plus jamais au milieu des nymphes ses compagnes. En vain celles-ci cherchèrent-elles à découvrir sa retraite, afin de ramener parmi elles la malheureuse Écho ; elles n’y purent jamais parvenir. On continua seulement d’entendre sa voix plaintive, qui, dans les cavernes, dans les montagnes, dans les bois, dans les ruines abandonnées, persistait à répéter avec un charme et une harmonie inconnus les dernières syllabes de la voix humaine. Aussi prétendit-on que ses os, seuls restes de ses formes naguère si belles et si pures, avaient été changés en rocher, en conservant la voix de la nymphe. Au reste, Némésis prit soin de la venger, et, dans ce but, inspira à l’indifférent Narcisse le triste amour de soi-même. Sans cesse penché sur le miroir des lacs et des fontaines, par lequel était réfléchie son image qu’il ne cessait de contempler avec une jouissance insensée, il finit par périr victime des indignes feux qu’il ressentait pour lui-même. [...] Pierre Larousse. Grand dictionnaire universel du XIXe siècle. Paris, Larousse, 1870
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