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Accueil du site > Bibliothèque > Livres > Archives 2007 > Gianni Mercurio, Fred Torres. David LaChapelle. Giunti, 2007

Les éditions Giunti publient le catalogue de l’exposition (25 septembre 2007- 6 janvier 2008) consacrée à David LaChapelle au Palazzo Reale, Milan. Il ne s’agit pas seulement d’une série de reproductions présentée ici mais d’un retour complet sur l’œuvre de LaChapelle en plus de 400 pages et des centaines de photographies.
David LaChapelle est né le 11 mars 1963 à Fairfield, Connecticut. Son premier cliché serait une photographie de sa mère, Helga LaChapelle qui a été vaguement mannequin, en bikini et un verre de Martini à la main, sur un balcon de Puerto Rico. Ce fut le déclenchement de sa passion. En 1977, il s’inscrit à l’École des arts de Caroline du Nord avec l’idée de devenir peintre ou illustrateur. Mais la photo l’a déjà imprégné et son choix s’affirme en photographiant ses camarades d’école. L’année suivante, il tente sa chance à New York. A son arrivée, David LaChapelle s’inscrit dans l’association des étudiants d’arts et à l’École des arts visuels. Parallèlement, il est serveur au mythique Studio 54, vit dans une auberge de jeunesse, fréquente les paumés, les drogués, … Dès 1982, Andy Warhol, alors rédacteur en chef du magazine branché Interview, publie ses premières photos de nus anonymes. Il n’a alors que 19 ans. Warhol et le pop art vont profondément le marquer. Aujourd’hui, il a photographié les plus grandes icônes, stars, vip (Pamela Anderson, Marilyn Manson, Hillary Clinton, Leonardo DiCaprio, Naomi Campbell, David Bowie, Smashing Pumpkins, Red Hot Chili Peppers, Tupac Shakur, Elton John, Jeff Koons, Paris Hilton, Tori Amos, Jude Law, Gael Garcia Bernal, Alicia Keys, Bjork, Cher, Elizabeth Taylor, Uma Thurman, Muhammad Ali, David Beckham, Madonna, Eminem,… et la transexuelle Amanda Lepore qu’il présente comme sa muse ), a fait les couvertures des plus grands magazines (Rolling Stone, Vanity Fair,…), réalisé des clips (pour Joss Stone, Christina Aguilera, Amy Winehouse, Britney Spears, Norah Jones,…), des films documentaires (Rize), des publicités (H&M, Burger King’s, Desperate Housewives, …) et se lancerait même dans la mise en scène pour le théâtre. Autrement dit… il est presque impossible de ne pas avoir vu un de ses travaux.
Ses photos se distinguent essentiellement par la vivacité de leurs couleurs (qui est obtenue au tirage, par l’utilisation de négatifs couleurs), des décors bariolés, par des mises en scène très soignées (pouvant être très importantes : un musée inondé, des maisons détruites, des carambolages de voitures, des ours,… LaChapelle utilise très peu de trucages numériques) et des influences allant de la peinture baroque au pop art, en passant par le porno chic (abondance de corps nus). De ses années de galère, au début des années 80, il a extrait son style : monter des situations, rendre la vie artificielle, soigner ses décors dans les moindres détails. Tout cela vise à mettre à distance une réalité trop lourde à porter. Car s’il fait poser ses modèles dans des endroits pas toujours idylliques, immeubles délabrés, fast-food, salle d’accouchement, bureau, étal de viande… l’objectif est unique : exalter la beauté et le glamour.
Ce catalogue que publient les éditions Giunti permet une compréhension profonde de l’univers de David LaChapelle, avec, dans un premier temps, une analyse de ses compositions (son univers imaginaire, le concept pop baroque, la mise en scène du bizarre, la mécanique du glamour,…). et surtout une mise en perspective avec ses influences, avec des comparaisons entre les peintures de Hieronymous Bosch, Michelangelo, Giovanni Bellini, Max Ernst, René Magritte, les sculptures de Antonio Canova, Gianlorenzo Bernini, le land art de Robert Smithson, Christo, … et ses propres photos. Complété par une interview avec LaChapelle au cours de laquelle il revient sur tout son parcours et explique son travail. Et pour finir, la troisième partie est le catalogue à proprement parler, avec des centaines de photographies sans commentaires, comme il le souhaite, juste le titre et l’année de réalisation. Elle sont regroupées en thématiques qui correspondent à des séries de David LaChapelle : Déluge (de la réinterprétation actualisée du déluge de Michelangelo au corps flottant dans l’eau), Méditation (apparition du Christ dans notre société actuelle), Accumulation (série consacrée à la surreprésentation d’un élément autour d’un sujet principal), Destruction and Disaster (sujet glamour plongé dans des univers chaotiques, renversés, malades,…), Violence as Entertainment (exercice de style autours des univers des films Scarface de Brian DePalma et Taxi Driver de Martin Scorcese), Plastic People ( très représentative de l’univers imaginaire de LaChapelle, mise en scène des corps transformés, surdéveloppés musculairement, surabondance du plastique et des matières luisantes), Consumption (thème important chez LaChapelle, l’aliénation due à la société de consommation : de la salle d’accouchement à la canette de Coca géante qui écrase une voiture dans une zone résidentielle/pavillonnaire, en passant par un corps, celui de Lil’ Kim, nue et tatouée à l’effigie de Vuitton, jusqu’à la chambre froide du poissonnier),… À travers toutes ces photos on retrouve mannequins, stars et inconnus, tous intégrés au monde de LaChapelle dont ce catalogue fait la circonvolution.
Livre en italien et anglais.

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