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mardi 27 mai 2008, par hélène & cynddylan hamon
Quand il faut un spécialiste et pédagogue de la série, c’est bien sûr Alain Carrazé que l’on retrouve. Spécialiste, il l’est depuis longtemps à travers les magazines Épisode ou Episodik, ses émissions télé sur Canal Jimmy, ses contributions à Télé2Semaines ou ses interventions chez Morandini sur Europe 1. Et pédagogue, « monsieur série » l’est tout également comme le démontre ce livre ; véritable cours magistral, clair et accessible, pour initié ou amateur de série télé. L’ouvrage est divisé en trois grandes parties.
Dans un premier temps, Alain Carrazé répond à la question : "qu’est-ce qu’une série télé ? ". Il s’agit là de poser des définitions (soap, sitcom, téléfilm,…) mais aussi des limites pour avoir une vision globale de ce qu’il considère comme le 8e art. La série existe en tant que telle, ne peut-être résumée à un simple programme télé catalyseur de publicité, elle qui est définie également par des techniques de production, de financement, une organisation professionnelle (réalisateurs, acteurs, showrunners,… et la place et l’importance attribuées à chacun). Alain Carrazé met en perspective la série télé comme une des productions les plus adaptées à leurs supports. En la définissant ainsi, il la fait exister au-delà des simples succès ou des vedettariats. Et permet d’en saisir pleinement le fonctionnement, le processus de création, les caractéristiques, le rôle et l’essence même. La série existe alors au-delà du programme télé de la soirée.
Dans une seconde partie, Alain Carrazé s’attaque à l’histoire de la série et ses mutations, de ses origines jusqu’à la folie des DVD. L’auteur revient sur les pulps, les comic strips ou encore le feuilleton radiophonique, sûrement l’ancêtre le plus proche de la série. Mais c’est avec I love Lucy (1951-1957) que la série moderne naît, en posant les bases techniques et financières du genre. Sur ces bases, la série est industrialisée, collabore avec les studios de cinéma et devient un phénomène exponentiel. Alain Carrazé n’oublie pas, dans son évolution, l’Europe, notamment la France (et ses séries historiques), avec en 1950 la première série, L’agence Nostradamus. L’Angleterre produira par la suite les grands succès comme Le Saint , Chapeau melon et bottes de cuir, … À travers ces tribulations dans l’histoire des grandes séries (de la surabondance des westerns à Arsène Lupin, de Dallas aux Brigades du Tigre,… toutes sont passées au crible) Alain Carrazé met en avant les évolutions de décennie en décennie tant du point de vue de la forme que des thèmes, des systèmes de production et fabrication, de l’évolution des différents acteurs de cette industrie (des salaires à la post-prod, en passant par une journée type de tournage, le marché des séries,…). Avec une place toute particulière pour Hill Street Blues (1981-1987), une série pivot qui remet en cause la conception entière de la série. De la réalisation quasi documentaire, plan séquence, caméra à l’épaule, aujourd’hui toujours très utilisée (Alias, 24h Chrono,…) à son casting choral , huit puis quatorze personnages principaux, aux thèmes réalistes, abordés à travers la vie d’un commissariat de quartier, à la complexité des personnages, emplis de doutes avec une vie privée lourde (à l’instar de Lost), jusqu’au mélange des genres, passant du drame à la comédie, Hill Street Blues a posé les bases d’une nouvelle ère. Où plus encore la série devient en phase avec la société, reprend les inquiétudes de chacun en les exaltant dans des enquêtes policières, de science-fiction, …La série affine considérablement le reflet qu’elle renvoie de nous-mêmes. Cependant, la série comme distraction seulement continue d’exister comme le montre l’avènement de la sitcom durant la décennie suivante (Friends, Seinfeld,…). Alors qu’aujourd’hui face à de solides séries policières (Les experts, FBI : portés disparus, Cold case…), la tendance est à l’audace dont font preuve des chaînes câblées qui régénèrent la série à l’instar de HBO (Oz, Soprano, Sex and the city,…), FX (Nip/tuck, The shield,…) ou encore Showtime (Dexter,…).
Et pour finir, dans une troisième partie, Alain Carrazé recense les plus grandes séries à travers un ensemble de fiches : date de diffusion, nombre d’épisodes, résumé, intérêt, succès et casting pour chaque série.
Ce livre est donc un tableau complet de ce qu’est la série télé dont Alain Carrazé circonscrit pleinement l’univers. Si, dans un premier temps, la mise en page peut paraître confuse, elle se révèle en fait très simple, astucieuse avec les renvois en bord de page vers des rubriques zoom, le mot savant, la petite histoire et pour en savoir plus. Cela permet, entre autres, une initiation au langage des séries dont les termes sont importants et précis. Grâce à une écriture simple, attrayante et un découpage en chapitres, sous-chapitres et résumés, il permet de devenir un vrai spécialiste des séries.
Lire Les séries télé…pour comprendre ce que l’on regarde…
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